Lettre à ma fille et son père Leo ! Mon enfant nomade.
Les enfants venus de loin, par delà les pays, les mers et les continents, qui ont en eux de multiples sangs mêlés à des cultures lointaines, arrivés un jour sur la route de notre propre vie, à l’épicentre de notre ventre, possèdent sans le savoir la connaissance du monde, de toutes ses beautés, de tous ses malheurs.
Ils portent en eux les éclats de toutes les étoiles de tous les cieux, toutes les couleurs des montagnes, des plaines et des vallées, des océans, des lacs et des rivières.
De leur peau ambrée émanent les parfums venus d’ailleurs, venus de si loin, du fond des âges, du fond des temps.
D’un simple regard posé sur nous, leur différence se fait lumière. Ils sont de nous, de notre chair, mais ils ne sont pas à nous. Ce sont les enfants nomades du monde.
Ils passent, s’arrêtent pour un temps près de nous et poursuivent leur route donnant à leur tour naissance à de nouveaux enfants dans lesquels ils seront un peu eux, un peu nous, un peu moi, un peu toi. Une infime partie de nous s’envolera vers d’autres ailleurs, respirer d’autres saveurs. Une infime partie de nous fera à jamais partie, avec eux, grâce à eux, à travers eux…de ce voyage dans le monde intérieur.
Plus d’images, plus de noms, juste une mémoire ressentie impossible à identifier et à définir.
(Cris B.)