Le Bonheur

Le bonheur est un nuage de coton, un voile de tulle invisible et léger qui se pose sur nous et nous enveloppe, nous protégeant des bourrasques. C’est un fruit juteux que l’on écrase goulûment sous la langue. Le Bonheur a la solidité du filet de pêcheur échoué sur la plage, gorgé de sel, d’eau de mer et de sable blanc. Il a la tiédeur intemporelle d’une journée de fin d’été. Il transporte dans son sillage ces parfums entremêlés dont personne ne connaît l’origine, venus d’ailleurs, du pays où les cœurs résident paisiblement.

Le Bonheur est cette maison ouverte sur pilotis, baignée de soleil, laissant entrer les vents et les embruns du Sud, dansant avec les poissons de toutes couleurs et bercée par les eaux cristallines d’une texture voluptueusement huilée. Il suit la lune le soir venu et son cortège d’étoiles qui se parent d’un bleu profond et scintillant. Le Bonheur a cette couleur tendrement jaune oranger qui s’infiltre en nous avec nonchalance. Parfois il explose d’un rouge sang, la couleur des flammes qui embrasent et dévorent nos corps. Il a cette légèreté de la plume qui migre, sillonnant le bleu azur en silence vers de nouvelles rives ensoleillées à découvrir, là où personne ne peut le suivre.

Trace fragile dans le ciel, il flotte en emportant avec lui tout ce qui est lui.

(Cris B.)
(photo Regard sur image)

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