La maison des rêves

(écrit en 2016)

L’enfant : Dis, pourquoi es-tu si triste sur ton visage et dans ton cœur ?
L’adulte : Parce que j’ai perdu mes rêves.
L’enfant : Mais il te reste l’espoir pour les retrouver.
L’adulte : Non hélas, car l’espoir est le chemin qui mène aux rêves et la route est trop sombre.
L’enfant : Alors que vas-tu faire maintenant ?
L’adulte : Viens petit homme, je vais utiliser mes souvenirs cachés au fond de ma mémoire et je vais te faire découvrir les rêves, leur odeur, leur couleur, leur saveur. Je t’apprendrai à espérer, espérer toujours pour un jour les atteindre et les toucher.
L’enfant : Alors je serai heureux ?
L’adulte : Oui petit homme, tu seras heureux car tu aimeras, tu habiteras le cœur de quelqu’un un jour et cet autre habitera le tien, tu auras chaque jour des pensées parfumées embaumant le jasmin qui rafraîchira ton cœur. Tu écriras de jolies poésies et ton chant fera danser les oiseaux sur le lagon au soleil couchant. Tu sentiras un vent léger qui te transportera sur le tapis volant de la vie avec toujours à tes côtés, ton âme sœur. Vous penserez l’un à l’autre, vous vous comprendrez sans même vous regarder. Vous rirez de tout et de rien et vous vous endormirez ensemble au pied de l’arbre après une douce journée d’été. Dans votre sommeil, vos rêves se rejoindront pour ne faire qu’un, ils passeront d’une âme à l’autre. Plus tu espèreras et plus tu rêveras.

L’enfant : Et quand je serai au bout du chemin de l’espérance que se passera t-il ?
L’adulte : Si tu écoutes bien tous mes souvenirs que je vais t’offrir dans le silence de leur secret, tu ne perdras jamais le chemin de tes rêves. Ils seront toujours sur le bord de la route tels de petits bouquets de lavande et tu iras de rêve en rêve, tous différents. Ils te feront grandir et chaque jour sera un jour joyeux.

L’enfant : Et toi, que deviendras-tu alors ?
L’adulte : Je te regarderai avec tendresse, je te raconterai encore et encore la belle histoire de la vie des rêves. Lorsque nous marcherons jusqu’à la nuit, pieds nus au bord de l’eau sur le sable mouillé, je te sentirai tellement vivant à voir tes yeux si brillants. Je te présenterai les étoiles, une pour chaque rêve. Je t’expliquerai que chacune d’entre elles est la maison d’un rêve. Je verrai ton bonheur, j’entendrai ton cœur battre, je sentirai ton sang couler dans tes veines comme le filet du ruisseau qui promène ses brindilles légères jusqu’à bon port, jusque là-bas très loin, par-dessus l’horizon. Alors, il me suffira de te regarder et je serai heureux.

(Cris Broutin)

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