Elle se disait, en fermant les yeux, que la solitude est la pire de toutes les maîtresses, celle qui déchire son être, qui déchiquette ses rêves un par un, qui arrache et brise son âme, qui vole ses pensées, celle encore qui la vide de ses forces, qui usurpe ses joies, qui jette ses rires à l’eau, celle qui l’éclabousse du silence retentissant du vide, celle qui l’entoure, l’enserre, l’enchaîne, la tient prisonnière et la regarde perdre son souffle lentement.
C’est alors qu’elle décida l’espace d’un instant de s’offrir toute entière au soleil, à lui et à lui seul, et lui fit une ultime prière : « sauve-moi ».
(Cris B.)