Le voile de la mariée

(écrit en 2017)

Son amour n’avait pas duré, il n’était pas resté. Très vite il avait reculé pas à pas, avait repris et rangé ses sentiments puis s’en est allé sans se retourner.

D’elle, je revois son voile de mariée qui flottait au vent, d’une beauté translucide qui irradiait son coeur. Certains soirs lorsque la lune éclaire la mer qui se marine d’un bleu si foncé transpercé de pépites d’or qui dansent, je l’aperçois, d’une légèreté si frêle, d’un vol si doux et si triste.
Il vole, tourne et tombe dans les bras de la méditerranée. Il semble pleurer en frôlant l’écume des vagues qui tentent de l’embrasser avant qu’il ne reparte déverser ses larmes dans d’autres vagues. Parfois je crois entendre son bruissement lorsqu’il touche presque mon visage. Il se donne à la nuit comme elle s’était donnée à lui toute entière et pour toujours.

Ne reste d’elle, après sa mort, que ce voile qui se promène le soir longeant la plage, parfumé, au vol gracile, fragile, qui semble chercher celle qui le portait et qui s’offrait à celui qui l’avait quittée. En mourant elle laissa échapper son voile de mariée qui erre et se balance au gré de la brise, le soir, lorsque la nuit est bleutée.

(Cris B.)

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