Il faut aimer le temps pour le laisser filer puis lui courir après, le rattraper, le retenir et le suspendre l’espace d’un instant, pour le perdre à nouveau, le laisser s’envoler, le regarder s’enfuir, le compter quand il se réduit, le mesurer quand il se raccourcit, l’offrir à l’éternité de notre jeunesse avant de comprendre qu’il est fragile.
Il faut aimer le temps pour le perdre avant qu’il ne revienne, pour le trouver si court et si long à la fois.
On croit le prendre, le maîtriser, le gérer, l’organiser pour mieux le perdre à nouveau, l’oublier le temps d’être heureux et en détester sa lenteur dans nos malheurs.
On le croit infini avant d’en apercevoir la fin.
On se retourne, on regarde en arrière et il nous manque, on se souvient alors de sa beauté passée, on se souvient de l’avoir maltraité.
Puis un jour on comprend qu’il nous est compté , qu’il nous est précieux, qu’il est notre ami jusqu’au dernier jour de notre vie.
On veut le retenir encore un peu, avant de murmurer dans le silence » Comme le temps a passé vite ! «
(Cris Broutin)
