Chère Louise, je vous écris du fond de ma tranchée boueuse et marécageuse, les pieds et les mains gelés. Mes cigarettes sont mouillées, autant que mes allumettes, l’alcool qui sert à nous réchauffer n’arrive plus par le ravitaillement. Mes vêtements sont humides et nos nuits sont éclairées par les tirs d’obus. Je vous écris avant que la nuit ne tombe. Le temps est long. Je le comble par mes souvenirs de vous au Printemps dernier, à l’ombre de ce cerisier dans ce Parc ensoleillé et habité par les oiseaux, ma main qui se posait sur votre robe à fleurs sans oser s’aventurer à la découverte de vos mystères. Dernier moment avec vous avant mon départ pour cette guerre stupide et inutile. Très chère Louise, votre parfum mélangé à l’odeur des fleurs a recouvert mon visage. Je l’ai emporté avec moi. Votre regard m’accompagne dans mon sommeil et vos rires couvrent les bruits des canons. Le temps nous est compté et j’ignore quand je vous reverrai.
Ma très chère Louise, vous habitez mes pensées, vous comblez mon cœur et je veux, par cette missive, qui j’espère vous parviendra très bientôt avant mon retour, vous dire que je vous aime…. BANG !